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Homélie de son Excellence Mgr. Aux Verrier, Bénissez le Seigneur: À lui, haute gloire, louange éternelle (Dn 3,17) Frères et Soeurs Bien-Aimés, Nous sommes, ce matin, réunis dans un concert de louanges pour magnifier le nom très saint de Dieu et chanter ses bienfaits pour les 50 ans de vie accordés à MAZENOD, une institution dont la renommée n'est plus à établir pour les services multiformes et signalés rendus tant au Diocèse des Cayes, à l'Église d'Haïti qu'au pays tout entier. Le mot MAZENOD, aujourd'hui , est sur toutes les lèvres. Il est prononcé avec vénération par tous ses anciens élèves: prêtres, religieux, médecins, agronomes, ingénieurs, avocats, professeurs, hommes d'affaires etc... Les Directeurs de chapelles, les catéchistes, les animateurs pastoraux qui y ont suivi des sessions de formation en parlent avec enthousiasme. Quant aux gagne-petits, aux pauvres à qui des soins médicaux à bon marché ou gratuits ont été offerts, MAZENOD leur est une providence. Je n'allongerai pas outre-mesure la liste de tous les bénéficiaires de ce haut lieu de culture, de formation, de loisirs - et j'en passe - qui professent à l'endroit de MAZENOD un vrai culte de gratitude. Toutes ces voix se joignent à nous aujourd'hui pour rendre grâces au Seigneur et reprendre à leur compte les mots du cantique: Bénissez le Seigneur: À lui, haute gloire, louange éternelle (Dn 3,17) Dieu a vraiment ses vues qui sont impénétrables, comme dit Saint Paul. Quand, en 1945, suite à une situation décevante qui porta Mgr. Jean Louis Collignon OMI, Evêque des Cayes, à demander à ses confrères Oblats d'ouvrir le petit séminaire de MAZENOD le premier du pays - pour accueillir les 15 jeunes qui avaient fait leur demande d'entrer au Séminaire et pour qui, il n'y avait pas de places à l'école apostolique de Port-au-Prince, on était loin de penser que MAZENOD, un jour, aurait d'autres vocations, comme celle de tenir un Collège où des jeunes filles et des jeunes gens, côtoyant les séminaristes, viennent recevoir, eux aussi, le pain de l'instruction; ou comme celle encore d'offrir d'autres services sociaux à toutes les couches de la société, particulièrement aux plus nécessiteux. C'est que, MAZENOD entend se mettre au diapason du Concile Vatican Il. C'est que MAZENOD, à l'écoute de Gaudium et Spes, se rend attentif aux besoins du temps présent et solidaire avec l'ensemble de la famille humaine. " Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ. Il n'est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur coeur ". MAZENOD n'a jamais perdu de vue pour autant sa raison originelle: former des prêtres, des religieux à J'Église d'Haïti. De 1945 à nos jours, ils sont nombreux les prêtres diocésains haïtiens et les religieux haïtiens: prêtres ou frères qui ont passé par le moule de MAZENOD ( Moule pas trop déformant puisque parmi ses prêtres, MAZENOD s'honore de compter 3 Évêques). On peut donc s'imaginer ce que serait le sort de l'Église d'Haïti actuellement, si MAZENOD n avait pas existé. Les pays réputés à vocations missionnaires, tels la France, le Canada qui nous pourvoyaient en prêtres, en religieux, religieuses ont vu leurs sources taries. Ils sont bien obligés aujourd'hui de nous fermer la vanne qui nous alimentait. Gloire soit rendue à MAZENOD! Gloire à Mgr. Jean Louis Collignon OMI qui, dans sa vision prophétique, avait perçu que la meilleure insertion de l'Eglise dans la réalité haïtienne était de promouvoir le clergé autochtone! Gloire aussi aux fils de Mgr. de Mazenod, les Oblats, qui, à l'appel de l'Évêque ont dit oui sans broncher. Ils ont posé un acte de foi dans l'obéissance. Aussi Dieu les fait-il récolter aujourd'hui les fruits de leur adhésion au voeu de leur Évêque. Ainsi souffle l'Esprit. MAZENOD a eu un début très modeste: quelques maisons en chaume, un corps professoral de 3 prêtres, 3 religieuses qui les secondent, un personnel de service de 6 membres, 15 jeunes séminaristes et 4 postulants-frères. Il ne fallait pas plus à ces prêtres au courage héroïque et à la foi invincible pour réussir l'entreprise. Les trois prêtres: le père Égide Beaudouin omi, directeur, le père Henri Langlais omi et le père René Moreau omi , unis comme les cordes d'une même lyre, se sont mis tout de suite à la tâche. Sur eux et sur les 15 petits bouts d'homme devait s'édifier le premier petit séminaire d'Haïti. Il leur fallait bien modeler les pionniers et tracer une bonne tradition qui puissse servir aux années à venir. Ils y ont mis le prix et nous en avons eu tout notre soul. Ces trois figures de proue ont laissé leurs empreintes dans le coeur de chacun des 15, mais le nom du Père René Moreau est tellement associé à l'histoire de MAZENOD que l'océan passerait sans pouvoir en pâlir l'éclat. " A mauvaise fortune, sait-on dire, il faut faire bon coeur ". Les premiers petits séminaristes n'ont pas toujours eu à MAZENOD le strict nécessaire, cependant, l'idéal qui leur remplissait le coeur et qu'ils portaient "s'! haut, leur faisait transcender les difficultés et les problèmes. Se sentant solidaires, on vivait à MAZENOD une vie de famille. Tout le monde mettait la main pour faire marcher le train. Chacun avait son petit lopin de terre qu'il cultivait en legumes pour la cuisine. Deux fois, par semaine, on faisait le grand ménage des locaux et le sarclage de la cour. L'ordre, la propreté devaient régner partout et nous en étions les artisans. Quand vint le moment de la construction de ces bâtiments qui sont aujourd'hui la fierté de MAZENOD, chacun y allait de bon coeur. Tel s'engageait dans le transport des matériaux (roches, tufs, sable, graviers et eau); tel autre travaillait comme manoeuvre à côté des ouvriers. MAZENOD, pour toutes les promotions qui y ont investi leur courage, leur peine, leur sueur et leur sang, est un peu, une partie d'elles mêmes. Aussi, chacun des Anciens y revoient-ils MAZENOD toujours avec délices. Chaque bâtiment, chaque pierre, chaque arbre a une anecdote à lui rappeler. "Là où l'on a dépensé son coeur n'est jamais triste ", dit l'autre. Cette pensée, nous, anciens de Mazenod, voudrions, en guise de la traditionnelle torche allumée, vous la passer, à vous chers petits frères et soeurs mazenodiens d'aujourd'hui. Gardez-la comme un stimulant et rappelez-vous que l'effort fait les forts. C'est Pierre Charles, jésuite, qui, dans " La Prière de toutes les heures ", nous dit: "Notre métier à nous, hommes, c'est d'être hâtisseurs " et il poursuit: " Pour bâtir, il faut peiner Les mains des constructeurs s 'écorchent aux aspérités de la terre cuite, et d'avoir longtemps manié le manche des truelles, leurs paumes sont devenues bien calleuses et leurs ongles sont tout malmenés. La pierre est résistante et lourde. Il faut cogner pour la faire obéir... et parfois, elle se venge sur l'homme des coups qu'il lui porte ". Voilà toute la réalité de l'éducation qu'on vient recevoir ici et qu'on veut se donner. "Vous êtes des pierres vivantes de construction, des pierres aux formes parfois bizarres, avec des defauts saillants, des désirs excentriques et des prétentions irrégulières ", pour reprendre encore Pierre Charles. Il faut cogner, et cela fait mal, heurter les clous à petits coups répétés... mais, on ne réussit pas sa vie autrement. Plus d'un avant vous ont tenté cette gageure et nombreux sont les cris de victoire qui retentissent de par le monde. La nature humaine n'est pas changée; elle est aujourd'hui, ce qu'elle était hier. L'éducation est d'une importance telle qu'elle a fait l'objet de toute une déclaration de la part du Concile Vaticant Il : "Gravissimum Educationis". Cette déclaration " exhorte instamment les jeunes à prendre conscience de la fonction primordiale qu'est celle de l'éducateur et à être prêts à l'assumer avec courage et générosité ". Elle finit en exprimant sa profonde gratitude envers les prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui, en se donnant eux-mêmes dans l'esprit de l'Évangile, se consacrent à la tâche primordiale de l'éducation et de l'enseignement dan les écoles de tous genres et de tous niveaux; elle les exhorte à persévérer généreusement dans la tâche entreprise
La noblesse de l'éducation ne se dit pas assez et la reconnaissance de
l'humanité envers les courageux éducateurs pas assez exprimée. En guise
de supplément de salaire, écrit Mgr. Dupanloup, ces derniers reçoivent
trop souvent incompréhensions, ingratitudes et calomnies. Pour nous,
étudiants de MAZENOD, anciens, présents et à venir, il n'en sera pas
ainsi. Nous concrétiserons notre attachement et notre reconnaissance
envers notre Alma Mater à travers cette Amicale que no~ rêvons
d'entreprendre; mieux encore, nous contribuerons à projeter àl'extérieur
l'image de marque de notre vénérée institution par tout ce que nous sommes,
tout ce que nous serons et par la qualité de service que nous offrirons
à la société et au pays et àl'Église.
C'est une loi de la nature que la vieillesse cède la place au jeune âge et qu 'ainsi les êtres se perpétuent les uns par les autres. à l'occasion de la 50ème Anniversaire de Mazenod
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